FRANCE - L’élection présidentielle de 1995


FRANCE - L’élection présidentielle de 1995
FRANCE - L’élection présidentielle de 1995

France. L’élection présidentielle de 1995: les résultats

L’élection des 23 avril et 7 mai 1995 apparaît en partie comme une élection de transition, dominée par l’insatisfaction et la crise, et aucun des principaux candidats ne semble avoir suscité un grand enthousiasme de la part d’une majeure partie de son électorat. Elle a vu se consolider le Front national comme force érodant l’ancienne sociologie politique et a montré la permanence du clivage gauche-droite, même si aucun des deux finalistes n’incarnait parfaitement son camp.

Analyse globale des résultats

Première constatation: le total des suffrages exprimés au premier tour en faveur des trois principaux candidats, ceux des partis dits de gouvernement, n’est que de 62,7 p. 100, contre 70,6 p. 100 en 1988 et 72,1 p. 100 en 1981 (87,5 p. 100, en ajoutant le score obtenu cette année-là par Georges Marchais). Cela signifie que quelque 40 p. 100 des électeurs – et davantage de citoyens si l’on prend en compte les abstentionnistes et, a fortiori, les millions de Français qui ne se sont pas inscrits sur les listes électorales (7,6 p. 100 en 1995, contre 3,8 p. 100 en 1981) – ne se sont pas reconnus dans les grands candidats en lice. Le taux des abstentions (21,62 p. 100) est très élevé pour une élection présidentielle (il n’avait dépassé 20 p. 100 qu’en 1969), et surtout ne se réduit guère au second tour (20,34 p. 100). Le pourcentage des votes blancs et nuls est aussi singulièrement fort.

Une deuxième particularité de cette élection réside dans la dispersion des voix autour de 20 p. 100 entre les trois principaux candidats du premier tour (Lionel Jospin: 23,30 p. 100, Jacques Chirac: 20,84 p. 100, Édouard Balladur: 18,58 p. 100), aucun n’ayant acquis alors un avantage substantiel qui lui aurait conféré une légitimité manifeste. Jacques Chirac devait être élu après avoir recueilli le cinquième des voix des électeurs du premier tour – contre plus du quart et plus du tiers pour François Mitterrand en 1981 et en 1988, respectivement. Ces caractéristiques font de l’élection de 1995 une élection plutôt par défaut que par enthousiasme. La nette victoire de Jacques Chirac au second tour (52,64 p. 100 contre 47,36 p. 100 à Lionel Jospin) traduit arithmétiquement la baisse globale (plus de 8 points par rapport à 1988 et plus de 10 par rapport à 1981) du total des voix se portant sur les candidats de gauche au premier tour, en raison de l’usure du pouvoir. À eux trois, Jacques Chirac, Édouard Balladur et Philippe de Villiers (4,74 p. 100), les trois candidats de la droite parlementaire ne réunissent que 44,2 p. 100 des suffrages, ce qui est certes plus qu’en 1988, mais ne constitue pas un progrès par rapport aux législatives de 1993 et aux européennes de 1994.

Ensuite, si l’on prend l’ensemble des forces politiques non gouvernementales, on constate la poursuite de tendances de fond. Le vote écologiste est en nette diminution, le score de Dominique Voynet (3,32 p. 100) amplifiant la baisse des divers courants écologistes à l’élection européenne de 1994. Le Parti communiste (8,64 p. 100) limite son déclin – le résultat est meilleur qu’aux élections européennes de 1994 –, mais, malgré l’intérêt suscité par Robert Hue, candidat de l’après-Marchais, il continue sa régression (0,2 point de moins que le total des voix qui s’étaient portées sur André Lajoinie et Pierre Juquin en 1988). Le score exceptionnel obtenu par Arlette Laguiller, représentante de l’extrême gauche, s’explique non seulement par un mouvement de protestation, mais aussi par la valeur de “pureté” qui était attribuée à sa candidature. Jean-Marie Le Pen (15 p. 100) démontre une fois encore la valeur ajoutée que sa personne représente pour le Front national. Jacques Cheminade (0,28 p. 100) clôt la liste des candidats.

Enfin, la consultation et sa campagne ont été dominées par une querelle concernant l’influence des sondages sur le comportement électoral. Pour un grand nombre des électeurs, la question décisive du premier tour était, d’une part, d’empêcher Édouard Balladur d’être présent au second, d’autre part, d’assurer la présence à celui-ci du candidat de gauche, sans toutefois risquer qu’Édouard Balladur l’emporte. La forte avance de Jacques Chirac dans les sondages et l’incertitude quant à la présence de Lionel Jospin ou d’Édouard Balladur au second tour en raison de leur proximité dans les intentions de vote peuvent contribuer à expliquer, le 23 avril, l’assez forte mobilisation de la gauche et le score décevant de Jacques Chirac, qui n’a pas bénéficié d’un “vote utile”. Le résultat honorable obtenu par Édouard Balladur montre le caractère excessif des corrections à la baisse effectuées à l’égard de ce dernier par les instituts de sondage. Il reste que les chiffres du premier tour fournissent une représentation fidèle de l’état du pays: enthousiasme mesuré pour Jacques Chirac, qui n’améliore que peu ses scores de 1981 et de 1988; permanence d’une gauche de gouvernement, mais en forte perte de vitesse par rapport aux élections présidentielles de 1981 et 1988; enracinement d’une composante conservatrice non gaulliste symbolisée – malgré son appartenance politique – par Édouard Balladur; dispersion électorale, enfin, malgré la dramatisation des affrontements entre les grands candidats, signe de la division politique du pays.

Les limites de la recomposition politique

L’un des paris de Jacques Chirac consistait à capter son électorat traditionnel, en lui faisant entrevoir les dangers de l’accentuation de la “fracture sociale” qui ne manquerait pas de résulter de la poursuite de la politique conduite par Édouard Balladur, tout en l’élargissant à une partie de l’électorat de gauche, dont, sous l’influence notamment de Philippe Séguin, il cherchait à montrer qu’il avait épousé certains thèmes. Son résultat du premier tour montre que le pari n’a pas réellement été tenu – malgré des progrès chez les ouvriers –, et la campagne du second tour a repris l’allure d’un affrontement entre gauche et droite, en raison de la nécessité de “faire le plein” de voix à droite. Selon un sondage B.V.A. publié par Le Monde du 25 avril 1995, seulement 3, 2 et 4 p. 100 des électeurs se situant respectivement très à gauche, à gauche ou plutôt à gauche ont porté leurs voix sur Jacques Chirac au premier tour, 88 p. 100, 94 p. 100 et 88 p. 100 de ces électeurs apportant leurs suffrages à Arlette Laguiller, Robert Hue, Lionel Jospin et Dominique Voynet.

Au second tour, les reports se font aussi largement à l’intérieur de chaque camp comme le montre le “sondage de sortie des urnes” réalisé par l’I.F.O.P. pour Libération , M6 et B.F.M. Parmi les votants du 7 mai, 66 p. 100 des électeurs d’Arlette Laguiller, 86 p. 100 de ceux de Robert Hue, 97 p. 100 de ceux de Lionel Jospin et 60 p. 100 de ceux de Dominique Voynet se sont alors tournés vers le candidat de gauche; 86 p. 100 des électeurs d’Édouard Balladur, 77 p. 100 de ceux de Philippe de Villiers et 97 p. 100 de ceux de Jacques Chirac ont voté pour le maire de Paris. Il apparaît aussi que 81 p. 100 des électeurs (et même 84 p. 100 de ceux de Lionel Jospin) n’ont pas hésité entre les deux candidats. Globalement, 70 p. 100 des électeurs se situant à droite et 69 p. 100 des électeurs se situant à gauche ont voté pour leur “camp”. Enfin, 86 p. 100 des votants du second tour électeurs de François Mitterrand en 1988 ont voté pour Lionel Jospin en 1995, tandis que 97 p. 100 de ceux qui avaient alors choisi Jacques Chirac ont renouvelé leur confiance à ce dernier.

Les hésitations demeurent aussi très majoritairement à l’intérieur d’un même camp: au premier tour, 25 p. 100 des électeurs de Robert Hue ont hésité à voter Lionel Jospin, mais seulement 1 et 3 p. 100 Édouard Balladur ou Jacques Chirac. 17 p. 100 des électeurs de Lionel Jospin ont envisagé de voter Robert Hue tandis que 4 et 7 p. 100 envisageaient de voter pour Édouard Balladur ou Jacques Chirac respectivement. 33 p. 100 des électeurs d’Édouard Balladur ont songé à voter Chirac, mais seulement 5 p. 100 Jospin. Quant aux électeurs de Jacques Chirac, 22 p. 100 ont pensé un moment qu’ils voteraient Balladur et 6 p. 100 Jospin.

Au second tour, les électeurs ayant le sentiment d’appartenir aux classes populaires ou aux groupes défavorisés ont apporté leurs voix à hauteur de 68 et 57 p. 100 respectivement à Lionel Jospin, le partage entre les deux adversaires étant à peu près égal pour les classes moyennes inférieures. Ceux qui se considèrent comme privilégiés, aisés ou appartenant aux classes moyennes supérieures ont, dans cet ordre, voté à hauteur de 59, 67 et 60 p. 100 en faveur de Jacques Chirac. De même, 58 p. 100 des citoyens n’ayant pas poursuivi leurs études au-delà de l’école primaire ont préféré Lionel Jospin, le vote en faveur de Jacques Chirac étant supérieur pour ceux qui ont poursuivi leurs études au-delà du primaire. Quant à la distinction suivant la pratique religieuse, elle confirme une sociologie traditionnelle de la gauche et de la droite – seuls les protestants et les catholiques non pratiquants partageant de manière égale leurs voix entre les deux candidats. Les catholiques allant à la messe toutes les semaines ou presque, allant à la messe quelques fois par an et non pratiquants mais croyants ont choisi Jacques Chirac à hauteur de 79 p. 100, 68 et 60 p. 100 respectivement, alors que les citoyens sans religion ont porté leurs suffrages à hauteur de 72 p. 100 à Lionel Jospin.

L’enracinement du Front national et la marginalisation de la droite traditionaliste

La carte du vote en faveur de Jean-Marie Le Pen confirme l’enracinement du Front national dans de nombreux régions et départements, où il obtient des scores importants, souvent supérieurs à 20 p. 100: Alsace surtout, Lorraine, Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais aussi Loire, Haute-Marne, Oise, Gard et, frôlant les 20 p. 100, Nord et Hérault. Il arrive même en tête dans sept départements. Il dépasse 20 p. 100 dans neuf villes de plus de 100 000 habitants: Nice, Marseille, Nîmes, Saint-Étienne, Metz, Perpignan, Strasbourg, Mulhouse et Toulon, et les frôle à Villeurbanne, au Havre et à Saint-Denis, villes où par ailleurs le taux des abstentionnistes est particulièrement élevé. Si le Front national stagne dans ses zones d’implantation traditionnelle, comme le Sud de la France, il renforce ses positions dans les régions populaires et pas seulement les zones d’immigration (centre du Bassin parisien, nord-ouest de la France).

Par rapport à son score de 15 p. 100, Jean-Marie Le Pen capte proportionnellement une plus grande partie de l’électorat chez les artisans et petits commerçants, les employés et, surtout, les ouvriers (27 p. 100, contre 16 p. 100 en 1988). Il capte aussi 18 p. 100 des votes des chômeurs, 19 p. 100 de ceux qui s’estiment membres des classes populaires et 34 p. 100 de ceux qui se considèrent comme défavorisés. Il recueille aussi, à égalité avec Lionel Jospin, 19 p. 100 du vote des hommes jeunes (de 18 à 24 ans) contre 32 p. 100 pour Jacques Chirac (B.V.A.).

Plus largement, les thèmes du Front national paraissent s’être implantés, puisque 33 p. 100 du total des électeurs du second tour (43 p. 100 des électeurs de Chirac et 19 p. 100 de ceux de Jospin) souhaitent que les idées du Front national soient prises en compte par le président élu (I.F.O.P.). Dans les analyses du moment où la décision de vote a été prise, on constate aussi une certaine stabilité de l’électorat, puisque 41 p. 100 des électeurs du Front national affirment avoir toujours voté pour les candidats de ce parti, et 35 p. 100 avoir pris leur décision depuis plusieurs mois (P.S.: 43 et 15 p. 100; P.C.: 49 et 22 p. 100; R.P.R.: 37 et 30 p. 100). Enfin, les consignes d’abstention données par Jean-Marie Le Pen pour le second tour ont eu un effet significatif, puisque 20 p. 100 des électeurs du Front national au premier tour qui se sont rendus aux urnes au second ont voté blanc ou nul (57 p. 100 pour J. Chirac et 23 p. 100 pour L. Jospin) [I.F.O.P.] et qu’un grand nombre d’entre eux font partie des nouveaux abstentionnistes du second tour (44 p. 100 d’abstentions et de votes blancs et nuls, 39 p. 100 pour Chirac et 17 p. 100 pour Jospin) [B.V.A.]. Les abstentions et les votes blancs ou nuls sont, en effet, plus importants et ont plus progressé dans les départements méditerranéens et de l’Est où le Front national a fait ses meilleurs scores au premier tour. Le comportement des électeurs du Front national s’est écarté de façon significative de celui des électeurs de la droite traditionnelle, puisque, dans nombre de départements où le Front national était bien implanté, la droite arrivée en tête au premier tour a laissé la première place à la gauche au second – ainsi dans le Nord.

Quant à Philippe de Villiers, il reste confiné à la Vendée (où il obtient son meilleur score, 22 p. 100), mais n’a pas réussi à implanter durablement dans le pays le projet qu’il représente, très étranger à la tradition française, mâtiné de traditionalisme et de références à la nouvelle droite républicaine américaine (cf. F. Lorho, “Villiers-Le Pen: le vicomte et le vilain ou la politique du pire”, in Le Banquet , no 6, 1er semestre de 1995). La carte du vote en sa faveur est le quasi-décalque de celle du vote pour Jean Royer en 1974 (cf. H. Le Bras, Le Monde , 14-15 mai 1995), sans nulle part recueillir un véritable avantage.

Permanences et ruptures sociologiques

Si certaines de ses composantes restent stables, on constate un effritement du vote socialiste dans certaines catégories, au profit en grande partie de Jean-Marie Le Pen, mais aussi de Jacques Chirac. Ainsi, les employés avaient voté à raison de 37 p. 100 pour François Mitterrand au premier tour de 1988; ils ne sont plus que 23 p. 100 à voter Jospin (53 p. 100 au second tour). Les ouvriers avaient voté au premier tour à hauteur de 40 p. 100 pour François Mitterrand en 1988 (75 p. 100 au second tour); ils ne votent plus qu’à hauteur de 20 p. 100 pour Jospin (65 p. 100 au second tour). En revanche, ils ont, au premier tour, mieux voté pour Jacques Chirac qu’en 1988 (14 p. 100, contre 7 p. 100) et pour Jean-Marie Le Pen (27 p. 100, contre 16 p. 100, alors que Robert Hue n’a recueilli que 17 p. 100 de leurs suffrages). Certaines catégories traditionnelles restent toutefois attachées à la gauche: les enseignants ont à 40 p. 100 voté pour Lionel Jospin au premier tour (à 62 p. 100 pour un candidat de l’ensemble gauche-écologie) et donné à Jean-Marie Le Pen son plus bas score (4 p. 100); les salariés du secteur public quant à eux ont donné 29 p. 100 de leurs voix à Lionel Jospin (49 p. 100 à l’ensemble gauche-écologie), contre 34 p. 100 aux candidats de la droite classique et 16 p. 100 à Jean-Marie Le Pen. De même, ceux qui se sentent appartenir aux classes populaires et les personnes sans religion ont, toujours au premier tour, voté pour Lionel Jospin comme pour l’ensemble gauche-écologie au-dessus de la moyenne nationale.

Le vote des chômeurs traduit une crise profonde de confiance, puisque 27 p. 100 ont apporté leurs voix à Jean-Marie Le Pen. Jacques Chirac représente toutefois un espoir pour 19 p. 100 d’entre eux, et 17 p. 100 ont voté pour Lionel Jospin contre 12 p. 100 pour Édouard Balladur, 10 p. 100 pour Robert Hue et 8 p. 100 pour Arlette Laguiller.

Les distinctions entre les électorats d’Édouard Balladur et de Jacques Chirac sont marquées, malgré des concordances. C’est ainsi que le maire de Paris devance très nettement le Premier ministre chez les étudiants, les professions libérales et, dans une moindre mesure, chez les ouvriers, les employés, les industriels et chefs d’entreprise, alors qu’Édouard Balladur prend l’avantage sur son concurrent chez les agriculteurs, les cadres supérieurs, les cadres moyens et les techniciens, et surtout chez les inactifs, les deux hommes étant à égalité chez les commerçants et artisans. Jacques Chirac l’emporte largement sur Édouard Balladur auprès des plus jeunes électeurs et, dans une moindre mesure, au sein des tranches d’âge 25-34 ans et 35-49 ans – qui donnent leur préférence à Lionel Jospin – alors qu’Édouard Balladur devance tous ses concurrents dans la population des 50-64 ans et surtout auprès des personnes de plus de 65 ans. Ce dernier est populaire chez les retraités (33 p. 100, contre 15 p. 100 à Jacques Chirac) et chez les femmes au foyer et sans profession (24 p. 100, contre 18 p. 100) ainsi que chez ceux qui ont arrêté leurs études à l’école primaire (18 p. 100, contre 15 p. 100). Toutefois, Jacques Chirac et Édouard Balladur sont à peu près à égalité chez ceux qui se considèrent comme privilégiés (24 et 25 p. 100), et Jacques Chirac domine chez ceux qui se considèrent comme des gens aisés (32 p. 100, contre 27 p. 100). Toujours par rapport à Édouard Balladur, Jacques Chirac fait un meilleur score chez les catholiques non pratiquants mais croyants (23 p. 100, contre 19 p. 100), les catholiques non pratiquants (21 p. 100, contre 14 p. 100) et les personnes sans religion (12 p. 100, contre 8 p. 100), alors qu’Édouard Balladur triomphe chez les catholiques allant à la messe toutes les semaines ou presque (40 p. 100, contre 21 p. 100).

Une géographie électorale en évolution lente

La gauche n’est majoritaire au premier tour que dans deux départements – l’Aude et l’Ariège – et ne dépasse les 45 p. 100 que dans quatorze. Lionel Jospin devance Jacques Chirac au second tour dans vingt-six départements. La gauche se maintient dans le Sud-Ouest, dans la Nièvre et dans le Doubs; elle perd de son influence en Provence, dans le Limousin et dans le Languedoc, en Rhône-Alpes et dans le Bassin parisien. Le vote socialiste se déplace aussi: il se renforce en termes relatifs dans l’Ouest (Vienne, villes du Finistère, Deux-Sèvres) et à Paris, mais régresse dans les bastions traditionnels de l’Allier, de la Somme, de l’Aisne, du Nord et des Ardennes. En Île-de-France, où la gauche était majoritaire en 1988, seule la Seine-Saint-Denis vote encore majoritairement à gauche au second tour (mais avec une perte de plus de 8 points par rapport à 1988).

Pour la droite parlementaire, Jacques Chirac consolide ses positions à Paris, dans les Hauts-de-Seine, dans les Yvelines, en Corrèze, dans le Cantal et en Creuse, en Savoie et en Haute-Savoie ainsi qu’outre-mer (sauf à Mayotte). Quant à Édouard Balladur, sa carte électorale ressemble beaucoup à celle de Raymond Barre en 1988: Normandie, Bretagne, Ouest intérieur, Rhône-Alpes, large partie du Sud-Est, Lorraine et Alsace. Ces régions conservatrices devaient assurer une large victoire à Jacques Chirac au second tour en raison d’un bon report des voix. À l’intérieur des composantes de la droite classique, la stabilité des attitudes électorales paraît singulièrement forte, inspirant au premier tour des comportements très typés. L’unité au second tour ne paraît réalisée que dans le rejet de la gauche.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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